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Kevin, cavalier professionnel, nous livre sa vision de l’équitation et plus largement de la filière équine dans 20 ans.

Oct 26, 2016

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1. Comment imagines-tu ton métier dans 10 à 20 ans ?

«Travaillons, il n’y a que cela qui amuse»

Alors dans quelques années, le rêve devra toujours avoir un sens pour moi, car le jour où le rêve aura disparu, j’arrêterai !

J’ose espérer que mon engagement restera intact dans le respect des autres cavaliers et plus encore dans le respect de nos chevaux, enfin, j’ose penser que nous pourrons garder l’ordre de l’absolu, pour rester en paix….!

dessin d'un cavalier dans une bulle musicale en position de yoga avec le horsecom

2. La relation avec les propriétaires, la difficulté des épreuves, l’internationalisation des circuits, le cloisonnement des disciplines ? Comment tout ceci va évoluer selon toi ?

La relation entre cheval, cavalier, propriétaire peut être compliquée de part l’enjeu affectif et les attentes des résultats «équestres».

Malgré tout, le cheval restera le centre de toutes les préoccupations, il serait important que d’être propriétaire soit un engagement qui irait bien au delà de l’équitation pour une relation épanouie entre le cheval, le cavalier et le propriétaire.

Pour ma part, j’ai déjà la chance de connaître une relation des plus fusionnelles avec mes propriétaires, donc le trio, cheval, propriétaire, cavalier s’épanouit tout simplement.

dessin d'un cheval avec deux cavaliers qui le caresse avec le horsecom

Les épreuves n’en seront que plus délicates et difficiles à monter, vu le niveau de certains chevaux déjà à notre époque et vu l’impact financier qui en découle. Il n’y a pas vraiment de cloisonnements des épreuves mais des sports qui se différencient. Au sein des sports équestres, vous avez le CSO, le concours complet, le dressage. Nous aurions tendance à oublier le polo, le raining, qui restent des sports équestres à part entière. 

Si la France est actuellement bien placée sur le marché international, la concurrence est très importante et semble même augmenter au vu du nombre de chevaux importés…

3. Selon toi, comment la technologie, quel qu’en soit le domaine (matériel, monitoring santé, habitat du cheval, mais aussi génétique ou recherche médicale) va influencer la pratique de l’équitation à ton niveau ?

Il faut être un peu pragmatique et «replacer» correctement le cheval au coeur de la pratique équestre.

Il faut donc être entouré d’intervenants, de scientifiques, de vétérinaires, de nutritionnistes…. pour connaître au mieux son cheval, avant de «l’utiliser».

dessin d'un cheval entouré de son cavalier avec le horsecom et de vétérinaires

Peut- être serait il intéressant d’appliquer toutes les nouvelles technologies, aux gestes sportifs. Personnellement, je suis déjà entouré d’une équipe formidable, et je reste à la recherche d’éternelles évolutions dans le domaine du « geste » du cavalier, pas uniquement à la locomotion et à la physiologie du cheval…

4. Est-ce que l’équitation française et la filière d’élevage français auront une particularité par rapport à leurs concurrents dans 10 ans ?

Les représentants des grandes institutions de la filière équine française lancent déjà un appel aux autorités publiques; Tout ceci n’est que l’illustration du savoir-faire français à l’élevage, à l’enseignement.

La filière élevage est un point essentiel et fortement axé sur le monde agricole. Les équidés sont une richesse pour le patrimoine rural et devrait le rester. C’est un témoignage des traditions et par cela, ce patrimoine deviendra acteur des loisirs sportifs et de la compétition.

dessin d'un cheval avec un drapeau français avec le horsecom

5. Comment imagines-tu l’apprentissage de l’équitation dans 10 ans ? Les enfants apprendront-ils les mêmes choses de la même façon ?

L’apprentissage de l’équitation dans 10 ans aura peut- être évolué, sans pour autant avoir changé radicalement.

 «Le travail» restera toujours le seul moyen de s’améliorer et de ressentir les progrès, voir les faiblesses de nos chevaux.

Il se pourrait que l’on retrace ses expériences et synthétiser simplement ce que l’on apprend. Il restera cette passion particulière pour le cheval.

Je pense que ce besoin de perfection dans l’étude des équidés sera toujours une passion fougueuse, mais non destructrice… Les enfants suivront les mêmes directives. N’oublions pas que la France bénéficie d’une culture équestre riche. Il y aura toujours des reprises, ou des cours, avec le «pas», le «trot» enlevé ou assis et l’ultime «galop».

dessin d'un cheval avec deux enfants et le horsecom

L’équitation restera une drogue dure mais légale.

Nous apprendrons les mêmes choses mais avec des éléments évolutifs et j’ose espérer une meilleure médiatisation !

6. Quel est ton souhait pour l’avenir de ton sport ? Comment aimerais-tu le voir évoluer ?

Ce sport se développe de jour en jour et va continuer à se développer.

«On peut gagner sans être élégant, mais on ne sera jamais admiré»

J’aimerais que ce sport, mon sport reste noble et surtout dans le respect du cheval. J’aimerais également que les concours ne soient plus une guerre «intestine» mais une grande satisfaction dans l’accomplissement de ce «travail». Une satisfaction où le moindre détail serait une solution indispensable…

dessin d'un cheval et d'un cavalier avec le horsecom faisant la révérence